Musique et danse …

 

Nous venons de partout, musicalement parlant; vous l’aurez peut être déjà compris. Chacun son parcours différent. À part Marc qui a fricoté avec la musique à danser dans sa jeunesse nous ne sommes pas du Trad. Nous n’avions pas cette culture au commencement du groupe, mais nous cheminons par là depuis bientôt dix ans avec bonheur et moult découvertes.

Qu’est-ce qui nous intéresse là-dedans, alors, qu’est-ce qui fait qu’on a eu envie de vous rejoindre depuis notre autre famille musicale ?

D’abord vous faire danser. Pour les non-initiés cela paraît être de la magie quand, sans que les musiciens annoncent la danse suivante, les danseurs savent l’identifier après quelques mesures seulement. Il faut pour ça un groove bien particulier à chaque danse, un tempo juste, et les appuis aux bons endroits. Pas facile. Souvent la mélodie aide : la Cochinchine, la Carnaval de Lens, les Grandes Poteries ou le Brise-pied se dansent quasiment toujours sur la même musique. Donc si on propose une autre mélodie il faut que le groove, les appuis etc. soient d’autant plus efficace pour permettre aux danseurs de reconnaître la danse. C’est un défi intéressant pour nous : déjà d’essayer de comprendre la danse – oui, parfois on danse ensemble en répétition – puis essayer de restituer les points essentielles rythmiques de manière reconnaissable.

Deuxièmement la convivialité. C’est très apparent dans l’esprit du bal, où tout le monde danse avec tout le monde. On le voit aussi dans les bœufs à chaque coin de parquet ou de parking lors d’un festival. Cette convivialité, cette ouverture sont ce qui permet l’accueil du métissage musical que nous proposons.
Ce métissage nous est naturel, dans le sens où nous avons des cultures musicales différentes et qu’on souhaite depuis le départ que les savoirs et les envies de chacun soient présents dans la musique du groupe.
Ce métissage nous est obligatoire, parce qu’on veut vous faire danser des danses trads alors qu’on ne savait faire que du rock ou du funk.
Ce métissage est incontournable car on se nourrit et s’inspire des danses elle-même ainsi que de la musique traditionnelle, mais qu’on est toujours nous … Et aussi parce que pour rester vivantes ces musiques et danses traditionnelles évoluent à chaque nouvelle génération elles-mêmes déjà avant qu’on y touche.

Nous avons, le long du chemin, constaté diverses réactions à ce métissage : certains sont dérangés de ne pas reconnaître exactement la musique à laquelle ils sont habitués. D’autres suivent nos propositions musicales et intègrent des moments plus libre à leur danse. D’autres encore dansent complètement librement comme dans un concert de rock … Certains préfèrent simplement écouter, ce qui nous plaît aussi.
Surtout, ces dix dernières années, nous avons croisé d’autres groupes, et de plus en plus, qui se posent les mêmes questions que nous et qui trouvent leurs réponses dans des formes diverses et plus ou moins marqués de métissage. Disons qu’on a l’impression d’être dans l’air du temps, d’avancer avec d’autres. Et du moment où il y a toujours des danseurs à nos côtés, on chemine ensemble. Bienvenue au bal !

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