Avril 2006 : Une résidence consacrée au « son », et aux aspects scéniques …

 

Lorsqu’on se produit en public, on travaille dans des conditions techniques qu’on a rarement l’occasion d’apprendre à maîtriser en répétition (sonorisation de façade, retours de scène), ce qui a parfois des conséquences assez désagréables pour l’auditoire (larsens intempestifs, son brut et brouillon…) et pour nous-même ( mauvaise gestion de la configuration matérielle sur scène, d’où mauvaises conditions d’écoute, donc jeu approximatif, sensation étrange de ne pas trouver sa place dans l’espace scénique, placements et déplacements déplacés,pas mal celle-la, non? …)
Il y a entre nous et un groupe qui maîtrise ces composantes de la scène le même écart qu’entre la personne qui vient d’avoir son permis de conduire et une autre qui pratique depuis plusieurs années; et dire que certains restent de piètres conducteurs…! Pas de temps à perdre… au boulot !

Le temple de St Martin de Lansuscle, inondé de lumière divine.
Bas les Pattes ! touchés par la grâce… la muse viendrait-elle les visiter?

Mais voici les deux pèlerins qui nous remettent les pieds sur terre:
Marco  ‘ça tabasse!’ & Jeff ‘efficace’ Saboye.
Impressionnants de concentration, vous ne trouvez pas?

Marco
Jeune sonorisateur rencontré lors de notre toute première mini résidence au Pont-de-Monvert (un stage de son encadré par Bruno Rey) fin octobre 2004, il apprend son job sur le tas en nous sonorisant de temps en temps. Il décharge en cela Jean-Seb qui n’a plus cette charge pendant nos concerts et peut se consacrer (presque) intégralement au sax.
Jean-seb, qui a une longue expérience dans le domaine du son, travaille étroitement avec Marco pendant les balances (=réglages de la sono avant le concert). Il faut dire que la tache est ardue: nos instruments ayant un volume sonore conséquent (batterie, basse, sax) viennent plus ou moins polluer la prise de son des instruments acoustiques (bouzouki, clarinette, accordéon). Dès lors…
…prise de son rime très vite avec prise de tête!
De plus, on lui demande de spatialiser le son, d’envoyer quelques effets, de couper ici puis de rallumer là… pour se retrouver maintenant avec une véritable conduite pour nos 2h30 de concert.
Néanmoins, ce travail fait nettement gagner en qualité au rendu de notre musique, et ces journées furent réellement bénéfiques. On a bien avancé sur l’identité du son Bas les Pattes!
‘Efficace’ , comme dirait…


Jeff
Ingénieur du son, il possède son studio et a travaillé avec de nombreux groupes sur le Languedoc-roussillon, notamment Shaï no shaï.
Dans le cadre de notre collaboration, c’est en tant que conseiller artistique qu’il agit. Lui aussi nous l’avons rencontrer lors de notre cette petite résidence au Pont-de-Monvert (ce stage de son encadré par Bruno Rey) fin octobre 2004. Après avoir vu un concert, Jeff nous a fait parvenir un compte-rendu de ces impressions, très fin et constructif, sur la base duquel nous orientons notre travail. Bien que courte (une seule journée!), cette expérience fût très enrichissante.
C’est donc tout naturellement que nous l’avons invité à travailler sur plusieurs aspects:gestion de l’espace scénique, mise au point de la conduite optimale de notre balance, gestion de l’intensité de certains morceaux, et travailler le son « Bas les Pattes! » en façade avec Marco.
Avec Jeff, il a fallu travaillé « l’efficacité » et nous étions aux anges lorsqu’à la fin de ces 4 journées, il a qualifié notre set de… de… « efficace » avons-nous crié avant qu’il ait pu le placer !!
Tempête sous nos crânes (Brainstorming pour les spécialistes)
Définir l’ordre des morceaux d’un concert est toujours délicat car beaucoup de facteurs entrent en jeu: variété des danses, intensité des morceaux, changements d’instruments, fatigue lors du dernier tiers du concert, les goûts de chacun, autant de bonnes raisons pour se chamailler .
C’est pour ça qu’on le fait en plein air …


Quelques illustrations pratiques de notre travail .
Nous avons redéfini nos espaces respectifs sur scène en fonction de plusieurs facteurs :

• Des tempéraments de chacun
• De la nature des instruments
• Des conditions d’écoute dont chacun a besoin
• Adapter l’espace afin de faciliter la communication entre nous, notre liberté de mouvement
Marc, multi instrumentiste (accordéon, bouzouki, guitare, charango ,flûtes, et j’en oublie, OK?) était jusque là dans le coin opposé à la batterie. De par son tempérament plutôt discret, le reste du groupe le laissait sans s’en rendre compte un peu de coté avec son bric-à-brac.
Suivant les conseils de Jeff, il migre en position centrale; c’est notre pivot, la base du groupe (c’en est tout de même l’initiateur…), le voici donc à sa véritable place.
Il y a en plus un coté esthétique intéressant avec ses instruments disposés de part et d’autre.
Le changement a été unanimement ressenti et approuvé.
Marc au centre, donc. A sa gauche (à votre droite fonctionne aussi!) la paire basse / batterie, à sa droite (ça va aller, ce coup ci ?) les vents; respectivement, le bloc rythmique et le bloc mélodique.


Nous sommes disposés en un large arc de cercle, de manière à ce qu’on puisse tous se voir, et ainsi faciliter la communication et les moments de complicité.

On a dégagé un espace en front de scène; on a viré les pieds de micros en fond de scène, réorganisé les retours et aucun câble ne traîne.

Grâce à cette nouvelle organisation, on respire, et notre musique avec nous.


On dispose désormais d’un espace de liberté,de circulation, d’expression et de danse. Bien sur, certains en profitent pour y faire leurs p’tits z’intéressants…
Bilan En améliorant notre confort scénique, nous présentons au public un groupe plus homogène, visuellement et musicalement; l’énergie est beaucoup moins dispersée qu’auparavant, et vers qui on la concentre? Eh oui, vers vous, bande d’heureux veinards ! De plus, avec notre ami Marco derrière la table de mixage, le son est plus agréable à écouter, plus chaleureux. D’ailleurs, regardez, on a plutôt l’air décontractés, non ?