Avril 2005 : Une tournée en Italie …

Oh, c’est sûr, en guise de tournée celle-ci n’était pas bien gigantesque… Juste deux dates d’affilée… Mais voilà, c’était la première fois qu’on allait vraiment un peu loin de chez nous, de notre minuscule Lozère. Et puis, pensez donc, l’Italie ! L’étranger… Un festival… Plein de nouveauté à la fois.

Le chargement, déjà… toute une aventure. La place d’Anduze se souvient encore de nos essais multiples pour tout faire rentrer, du pneu à plat…

Pendant que les uns travaillent, frère Jean-seb travaille à convertir Marco aux nouvelles idées que le futur pape ne va pas manquer de faire souffler sur le monde. En fait, ça parle beaucoup de sonorisation…

Le départ est finalement donné… Direction Le bersac, village des environs de Gap. 3 heures 30 de route si épuisante qu’un repos d’urgence doit être pris à l’arrivée par les plus faibles d’entre nous…

Mais l’endroit est, sincèrement, magnifique. Les falaises calcaire environnantes prennent les derniers rayons du soleil sur fonds de ciel gris. La salle est posée au milieu de cette immensité, Jean-Seb fait ses premières gammes en contemplant la journée qui s’achève sur les sommets.

A 19 heures, le public arrive soudain. Pas en grande masse, non, mais motivé. Après un petit repas, les gens se mettent rapidement et facilement à danser… Un petit bal bien sympa, où tout le monde, danseurs et musiciens, s’est fait plaisir. Une vraiment bonne occasion pour Yannick, le bassiste de remplacement (le bassiste accrédité, Steph, vient d’avoir un bébé !) de terminer la prise en main du répertoire en conditions réelles avant le festival du lendemain…

Le public est parti, content… La salle est vide et silencieuse. Commence alors la troisième journée du musicien : le démontage. Malgré l’heure tardive, le chargement du camion se fait vite et efficacement : tout le monde a fait des efforts pour retenir l’ordre de stockage de chaque objet, et des améliorations sont même apportées en temps réel !

1h30 du matin, départ pour Vallouise. Couchage à 3h00 dans un chalet familial.

10h00, le réveil sonne. La montagne est blanche, blanche : il a neigé dans la nuit. Inquiétudes pour le passage du col de Montgenèvre… mais il n’est pas encore temps d’y penser. Le salon de thé du coin nous accueille pour un petit déjeuner tardif qui s’éternise, de tournée de café en croissants au beurre. C’est à contrecoeur que nous nous arrachons à ce lieu tiède et reposant. En route pour l’Italie.

Dans la montée du Montgenèvre, nous rencontrons les premiers flocons. Au col, la route est blanche. Nous fonçons vers la vallée, poursuivis par une barrière blanche, avec l’impression que la montagne se ferme derrière nous… peut-être sommes-nous passés de justesse ? Un concert, ça tient à peu de choses, parfois. Mais nous voilà arrivés. Belle salle de bal, accueil pro et chaleureux des organisateurs, hôtel de luxe (du moins selon nos critères de néophytes).

La balance est un moment si particulier, dans une salle grande et silencieuse qui nous appartient encore totalement… Sur le sol glissant, Louise et Corentin font des concours de glissades. Corentin annonce avec fierté qu’une course d’élan de 16 m lui permet de réaliser une glissade de 8 m. Il estime que ce ratio de 2/1 est absolument remarquable. On le croit tous sur parole.

Tout est prêt. Nous sommes invités à manger dans un restaurant de style plutôt rustique, avec un menu à la fois très abondant et assez raffiné (selon nos critères !). Deux plats de pâtes en entrée, un plat de viandes et pommes de terre, plein d’autres petites choses que j’ai oubliées car je n’en pouvais déjà plus… Nos hôtes organisateurs du festival parlent français comme vous et moi. Ils nous racontent que leur vallée a hébergé depuis plusieurs siècles une communauté protestante importante (souvent persécutée), et que toute la culture locale est marquée par leur présence. Tout comme chez nous, en Cévennes ! De fait, ils connaissent la guerre des camisards… incroyable ! Les Cévennes dans les Alpes italiennes !

Allez, il faut pourtant y aller, s’arracher à la table, et se mettre en condition pour jouer. La salle s’est subitement remplie, 2 ou 300 personnes qui trépignent. Ils savent tout danser : les trucs de chez eux, mais aussi les danses auvergnates, bretonnes… même une danse d’Israël, ils connaissent. Du coup, rien à expliquer, on avance, on enchaîne… Un vrai plaisir pour nous.

Pour le plaisir, on a eu envie de préparer deux danses de chez eux : une courento, et une countrodansa. Llivio, Ricardo et Corrado montent sur scène pour jouer avec nous… Ces morceaux mis au point à la va-vite n’auront probablement pas été une grande réussite musicale, mais ils génèrent sur scène et dans la salle une belle vague d’enthousiasme et de chaleur humaine…

Voilà, c’est fini pour la musique et la danse. De beaux moments. Il faut maintenant rentrer… Les heures d’autoroute se succèdent, nous laissant tour à tout endormis et excités comme des puces…

On est impatients de revivre ça bientôt… Pourquoi pas chez vous ?