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Oh, c'est sûr, en guise de tournée celle-ci n'était pas bien
gigantesque... Juste deux dates d'affilée... Mais voilà, c'était la première
fois qu'on allait vraiment un peu loin de chez nous, de notre minuscule Lozère.
Et puis, pensez donc, l'Italie ! L'étranger... Un festival... Plein de nouveauté
à la fois.
Le chargement, déjà... toute une aventure. La place d'Anduze se
souvient encore de nos essais multiples pour tout faire rentrer, du pneu à
plat...
 
| Pendant que les uns travaillent, frère Jean-seb travaille à
convertir Marco aux nouvelles idées que le futur pape ne va pas
manquer de faire souffler sur le monde. En fait, ça parle beaucoup
de sonorisation... |
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Le départ est finalement donné... Direction Le bersac, village
des environs de Gap. 3 heures 30 de route si épuisante qu'un repos d'urgence
doit être pris à l'arrivée par les plus faibles d'entre nous...

Mais l'endroit est, sincèrement, magnifique. Les falaises
calcaire environnantes prennent les derniers rayons du soleil sur fonds de ciel
gris. La salle est posée au milieu de cette immensité, Jean-Seb fait ses
premières gammes en contemplant la journée qui s'achève sur les sommets.
 
A 19 heures, le public arrive soudain. Pas en grande masse, non,
mais motivé. Après un petit repas, les gens se mettent rapidement et facilement
à danser... Un petit bal bien sympa, où tout le monde, danseurs et musiciens,
s'est fait plaisir. Une vraiment bonne occasion pour Yannick, le bassiste de
remplacement (le bassiste accrédité, Steph, vient d'avoir un bébé !) de terminer
la prise en main du répertoire en conditions réelles avant le festival du
lendemain...
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Le public est parti, content... La salle est vide et
silencieuse. Commence alors la troisième journée du musicien : le
démontage. Malgré l'heure tardive, le chargement du camion se fait
vite et efficacement : tout le monde a fait des efforts pour retenir
l'ordre de stockage de chaque objet, et des améliorations sont même
apportées en temps réel ! 1h30 du matin, départ pour Vallouise.
Couchage à 3h00 dans un chalet familial. |
10h00, le réveil sonne. La montagne est blanche, blanche : il a
neigé dans la nuit. Inquiétudes pour le passage du col de Montgenèvre... mais il
n'est pas encore temps d'y penser. Le salon de thé du coin nous accueille pour
un petit déjeuner tardif qui s'éternise, de tournée de café en croissants au
beurre. C'est à contrecoeur que nous nous arrachons à ce lieu tiède et reposant.
En route pour l'Italie.
Dans la montée du Montgenèvre, nous rencontrons les premiers
flocons. Au col, la route est blanche. Nous fonçons vers la vallée, poursuivis
par une barrière blanche, avec l'impression que la montagne se ferme derrière
nous... peut-être sommes-nous passés de justesse ? Un concert, ça tient à peu de
choses, parfois. Mais nous voilà arrivés. Belle salle de bal, accueil pro et
chaleureux des organisateurs, hôtel de luxe (du moins selon nos critères de
néophytes).

La balance est un moment si particulier, dans une salle grande
et silencieuse qui nous appartient encore totalement... Sur le sol glissant,
Louise et Corentin font des concours de glissades. Corentin annonce avec fierté
qu'une course d'élan de 16 m lui permet de réaliser une glissade de 8 m. Il
estime que ce ratio de 2/1 est absolument remarquable. On le croit tous sur
parole.
Tout est prêt. Nous sommes invités à manger dans un restaurant
de style plutôt rustique, avec un menu à la fois très abondant et assez raffiné
(selon nos critères !). Deux plats de pâtes en entrée, un plat de viandes et
pommes de terre, plein d'autres petites choses que j'ai oubliées car je n'en
pouvais déjà plus... Nos hôtes organisateurs du festival parlent français comme
vous et moi. Ils nous racontent que leur vallée a hébergé depuis plusieurs
siècles une communauté protestante importante (souvent persécutée), et que toute
la culture locale est marquée par leur présence. Tout comme chez nous, en
Cévennes ! De fait, ils connaissent la guerre des camisards... incroyable ! Les
Cévennes dans les Alpes italiennes !
Allez, il faut pourtant y aller, s'arracher à la table, et se
mettre en condition pour jouer. La salle s'est subitement remplie, 2 ou 300
personnes qui trépignent. Ils savent tout danser : les trucs de chez eux, mais
aussi les danses auvergnates, bretonnes... même une danse d'Israël, ils
connaissent. Du coup, rien à expliquer, on avance, on enchaîne... Un vrai
plaisir pour nous.

Pour le plaisir, on a eu envie de préparer deux danses de chez
eux : une courento, et une countrodansa. Llivio, Ricardo et Corrado montent
sur scène pour jouer avec nous... Ces morceaux mis au point à la va-vite
n'auront probablement pas été une grande réussite musicale, mais ils génèrent
sur scène et dans la salle une belle vague d'enthousiasme et de chaleur
humaine...

Voilà, c'est fini pour la musique et la danse. De beaux moments.
Il faut maintenant rentrer... Les heures d'autoroute se succèdent, nous laissant
tour à tout endormis et excités comme des puces...

On est impatients de revivre ça bientôt... Pourquoi pas chez
vous ?
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