Fin 2002 : « Et si on… »
Marc réunit des musiciens d’horizons différents autour du projet de création
d’un groupe de musique à danser qui puisse intégrer les univers musicaux de
chacun. Mettre à notre sauce musicale des danses traditionnelles, belle idée,
mais d’une seule et même voix nous clamons : « Nous ne sommes pas un groupe
folk ! »
2003 : Au boulot !
Ca commence mal, Marc nous avait déjà labellisés « Nouveau Groupe Folk » sur
les partoches qu’il nous fait passer. Bon, de toutes façons, on a d’autres
choses à penser que le nom ; on se contentera pour l’instant de NGF…
Les personnages sont rassemblés : Marc Lemonnier (accordéon,
guitare, bouzouki), Gilles Beaussier(violon), Jean-seb
Gratas (sax ténor & alto, flûte), Louise White
(clarinette), Stef Aubry (basse), Corentin Veschambre
(batterie, percussions, guitare.
OK, tout le monde est là, on peut y aller. Où ? Mais sur scène, pardi !
Nous choisissons de monter très vite un répertoire de manière à nous
confronter au plus tôt à la scène. Deux bonnes raisons à cela :
- Nous devons nous apprivoiser les uns les autres,
apprendre à nous connaître en tant que musiciens et individus ; rien de tel
que le concert pour révéler le jeu et la personnalité de chacun. Un groupe
ne fonctionne bien que lorsque chacun reconnaît les qualités et défauts de
l’autre, et les siens propres.
- Et pour prétendre faire de la musique à danser, il
nous faut rencontrer les danseurs. Grâce à eux, nous pouvons « régler »
notre musique en les observant ; lorsqu’ils décrochent en pleine danse,
c’est que quelque chose ne va pas(tempo trop rapide, trop lent, les temps
marqués ne sont pas ceux des pas…). Et nous les invitons instamment à nous
faire part de leurs impressions après le concert.
Le premier répertoire est constitué de morceaux trad que nous arrangeons à
notre sauce. Sauce qui a bien du mal à prendre, malgré tous nos efforts. Au fil
des mois, les concerts restent laborieux, et nous laissent un certain goût
d’insatisfaction. Ca passe à l’énergie, mais il n’y a pas encore d’unité entre
les musiciens, pas plus que dans la musique qui ressemble à une espèce de
patchwork folk-rock mal assumé… On ne parvient pas à trouver notre style. Et
comme si c’était lié, on n’arrive toujours pas à trouver un nom. NGF, NGF, ça ne
veut rien dire mais les gens commencent à nous identifier sous ce nom… Aïe ! Nos
Godasses Fumantes ?... Nouvelle Grosse Flemme ?... aïe, aïe, aïe !
Y’a rien de positif, alors ?
Oh, que si ! Tout d’abord l’accueil que nous font les danseurs, qui sentent
que le groupe est en devenir, qui nous témoignent de l’intérêt, de
l’enthousiasme et des encouragements.
Et puis… nous commençons mine de rien à nous apprécier mutuellement, et à
prendre nos marques dans la musique. Nous sentons que nous devons persévérer.
La fin de l’année est marquée par deux changements notoires :
- Elles sont belles, elles sont fraîches nos premières compos ! Et elles
arrivent à point pour remplacer des morceaux qui ne nous conviennent plus.
Nous réarrangeons les autres de manière à nous les approprier. Chacun
s’investit activement avec ses moyens dans la création, imprégnant la
musique de son influence propre. Chacun sauf...
- Gilles, qui nous quitte fin 2003 : il ne se sent pas à sa place
dans la musique, et parmi les membres du groupe. Tout à son honneur, il
décide de se retirer. Bonne chance, Gilou !
2004 : Bas les Pattes !
Nous voici contraints de remanier le répertoire, nous continuons notre
travail d’arrangement et de création. L’effet « patchwork » disparaît au profit
d’un début d’homogénéité salutaire.
2004 est l’année de nos premiers concerts un peu « sérieux », bien que
restant souvent centrés sur la Lozère . Voici les plus marquants.
Saint frézal de ventalon (48), dans le cadre des bals du mois,
24/06/04. Les « bals du mois » sont pour nous un très bon terrain
d’expérimentation des nouveautés du répertoire, que l’on maîtrise mieux, et l’on
se connaît assez pour pouvoir enfin se « lâcher ». Stef et Corentin
(basse/batterie) posent un groove sans concessions, Jean-seb et Louise
(sax/clarinette) s’envolent de thèmes harmonisés en backgrounds étourdissants,
tandis que Marc (accordéon, guitare, bouzouki) enrichit les mélodies ou appuie
les rythmiques. Enfin, ça tourne ! Rien que du bonheur !
Nous venons de trouver notre identité musicale et, dans la foulée, nous nous
trouvons un nom : « Bas les Pattes ! ». Bas les Pattes ! est donc
véritablement né en ce mois de Juin 2004. Juste à temps pour …
Gennetines (03), Grand bal de l’Europe, du 21 au 24/07/04. La
participation au « Grand bal de l’Europe » est un petit choc pour le groupe.
Deux soirées devant un public spécialisé dans la danse trad et pourtant
déchaîné, porté par le souffle de notre musique qui s’en va parfois bien loin
des canons traditionnels. Nous comprenons qu’on est vraiment à la frange de deux
mondes, et que c’est peut-être ça, notre spécificité… Ca plait au point que
plusieurs organisateurs de concerts ou festivals nous repèrent à cette occasion
et nous proposent des prestations (Aiguevive dans le Gard, festival Cantavalli
dans le Piémont italien…)
Le Pont de Monvert (48), petite résidence sous l’égide de Musique et
Danses et l’ADDA – Scènes croisées, du 21 au 29/10/04. Un intervenant, Jeff
Saboy, est là pour nous observer sous tous nos aspects, afin de nous suggérer
des lignes de travail. Nous mettons en œuvre plusieurs de ses propositions :
-
modifier
notre placement et certaines attitudes sur scène, pour mieux mettre en
valeur nos différents personnages. Steph et Corentin, jusqu'à présent
relégués en arrière plan comme tous les bassistes et batteurs du monde, font
leur apparition sur le devant de la scène : Corentin et sa batterie de
profil, sur la droite, Steph, sa basse et sa verve naturelle en plein
milieu. Il devient peu à peu animateur privilégié du groupe...
- réorganiser notre set en séquences plus fluides, de façon à amener des
plages de calme durables (2 à 3 morceaux) pour remonter posément vers des
morceaux plus intenses. Prémisses de la réflexion qui doit permettre un jour
d'aboutir à une prestation "entre bal et concert debout"
2005 : "Rodage"
Le groupe élargit progressivement mais doucement son rayon d'action (festival
Cantavalli (Italie) en avril), mais le répertoire évolue peu : 2 ou 3 morceaux
de plus (uniquement des compos, par contre). On arrêt donc un moment de courir
en avant, et on approfondit.
Peu de nouveautés, donc, mais le son s'assoit, trouve sa dimension. On se
sent prêts pour des scènes plus grosses.
2006 : "Décollage"
Un an d'approfondissement nous en ont persuadé : si on veut aller de l'avant,
maintenant, il faut s'atteler à la tâche, travailler, faire plus d'efforts pour
se vendre... en un mot : se professionnaliser ! Alors, sans trop savoir dans
quoi on s'engage, on planche à un "projet 2006" : deux résidences (création en
janvier, scène en avril), l'enregistrement d'un CD live fin avril, une tournée
de promo dans l'été et l'automne... On s'adjoint les services de Yann qui
s'occupera de nous faire tourner un peu.
Tout ça est en cours, c'est passionnant, c'est une autre étape, on verra bien
!
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